Le tout nouveau Premier Ministre de la République Démocratique du Congo  commence fort mal son mandat ! En effet, il nous revient au lendemain de son investiture au parlement, que son cabinet sera composé à 99% de ressortissants de sa province d’origine, le Kasaï Oriental, dont 30% de membres de sa famille biologique : frères, sœurs, fils, beau-fils, fille, belle-fille, neveux, nièces, etc… Et aussi, 30% à la belle-famille, comment oublier la famille de son épouse ? Madame aussi a droit au gâteau !

« Vous l’aurez compris, pour le nouveau Premier Ministre, la compétence n’est pas un critère d’éligibilité pour être membre de son cabinet politique !  Cela est totalement irresponsable que de venir au plus haut sommet de l’Etat et de se comporter avec tant de légèreté alors que les défis sont immenses, le climat politique explosif et l’économie est à la dérive.  Mais, Bruno TSHIBALA n’en a cure, la RDC est sa république bananière ! » Voici frère José MAKILA SUMANDA, Vice-Premier Ministre en charge du Transport et Voies de Communication du Gouvernement entrant et sortant, joint par téléphone à ce sujet, ce mercredi 17 Mai 2017.

Ainsi donc, selon un député national de la RDC, qui s’est exprimé au micro de la RFI à Kinshasa lors de la clôture de la cérémonie d’investiture du nouveau gouvernement, ce mardi 16 Mai 2017, au palais du peuple qui abrite le parlement Congolais : « on pensait avoir touché le fond mais non, on creuse encore ! On a vu la fille de ce Premier Ministre et son époux se promener à l’hôtel du fleuve avec des dossiers d’Etat sous le bras, ses fils brandir des passeports diplomatiques, comme on pourrait brandir un trophée ! » Continuant son propos avec dépit et abattement, l’élu affirme que: « le pays allait déjà mal, Bruno va nous achever ; il a fait venir à Kinshasa la moitié de son village, il va nous kasaieniser la primature ! »

 

Il faut cependant noter que si cela se vérifiait, ce serait une violation flagrante de la constitution de la RDC en ces articles 13 et 36 qui garantit pour le premier que : « Aucun congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique. » alors que l’article 36 de la même constitution affirme que : « Le travail est un droit et un devoir sacré pour chaque congolais.L’État garantit le droit au travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine, complétée par tous les autres moyens de protection sociale, notamment, la pension de retraite et la rente viagère.Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de ses opinions, de ses croyances ou de ses conditions socio-économiques.Tout congolais a le droit et le devoir de contribuer par son travail à la construction et à la prospérité nationale.La loi établit le statut des travailleurs et réglemente les particularités propres au régime juridique des ordres professionnels et l’exercice des professions exigeant une qualification scolaire ou académique.Les structures internes et le fonctionnement des ordres professionnels doivent être démocratiques. »

Même si la tenue des élections reste l’objectif majeur, il faut tout de même tenir compte de la moralité dans le dispatch des responsabilités publiques. Là où François FILLON s’est vu faire la une de la presse à scandale en France pour des raisons similaires mais de moindre intensité, le cas Bruno TSHIBALA passerait il comme une lettre à la poste en RDC ? WAIT END SEE…

 

Julie RODRIGEZ /RFI